Savants et Artiste de l’expédition

De nombreux scientifiques, tous hommes d’un grand mérite,  participent à l’expédition : un astronome, un médecin, trois naturalistes, un  mathématicien, trois dessinateurs, des physiciens, un interprète, un horloger, un météorologue, ainsi que des prêtres possédant une formation scientifique.

Les objectifs sont nombreux : géographiques, scientifiques, ethnologiques, économiques (prospection des possibilités de chasse à la baleine ou de collecte de fourrures), mais aussi politiques avec l’établissement éventuel de bases françaises ou de coopération coloniale avec les alliés espagnols aux Philippines.

Le programme d’exploration doit les conduire dans le Pacifique Nord et le Pacifique Sud, y compris sur les côtes d’Extrême-Orient et d’Australie.

Les résultats de l’expédition furent connus par courrier dans les escales ayant des liaisons avec les pays européens.

Les Savants et artiste

M. Louis Monge et M. Joseph Lepaute Dagelet, l’un et l’autre professeur de mathématiques à l’école militaire, furent embarqués en qualité d’astronomes, le premier sur la Boussole et le second sur l’Astrolabe.

M. Dagelet, membre de l’Académie des Sciences, est connu en particulier pour avoir calculé la distance entre le centre de la planète Mercure au Soleil. Ulleung-do (울릉도, 鬱陵島) est une île de Corée du Sud située dans la mer du Japon ou mer de l’Est. Les Japonais la connaissent sous les noms de Matsu Shima ou de Utsuryo To. Elle est aussi connue sous le nom de Dagelet pour les Européens, et les russes. Elle est encore expressément citée sous le nom d’île Dagelet dans le traité de paix de San Francisco signé entre les forces alliées et le Japon le 8 septembre 1951. Joseph Lepaute Dagelet est peut-être l’inconnu de Vanikoro, aujourd’hui inhumé à Brest.

M Monge, malade, il dut débarquer à Ténériffe et échappa ainsi au désastre de Vanikoro et mourut le 6 octobre 1827.

M. Robert de Lamanon, de l’Académie des Sciences, fut chargé de la partie de l’histoire naturelle et de son atmosphère, connue sous le nom de chronologie.

Robert de Lamanon est le premier scientifique à avoir suggéré des preuves de l’origine lacustre du gypse dans le Bassin parisien. Il fut tué par des indigènes,  à coté de M De Langle le 11 décembre 1787 sur l’archipel des Tonga sur  l’île de Maouna.

M. l’abbé Mongèz (Jean-André), chanoine régulier de Sainte-Geneviève, rédacteur du Journal de physique, devait examiner les minéraux, en faire l’analyse, et contribuer aux progrès des différentes parties de la physique.

On le présente comme un savant actif au sein de l’expédition n’hésitant pas à grimper monts et collines à chaque escale. Il fit une étude sur le fou de bassan. Avant son départ, il participa à la rédaction du Journal de Physique.

À bord, Mongez semblait très remuant n’hésitant pas, comme à Macao, à adresser conjointement avec d’autres savants, une lettre à Lapérouse pour se plaindre du peu de considération que le chef de l’expédition leur témoignait.

M. de Jussieu désigna M.  Joseph de Boissieu de La Martinière, docteur en médecine de la Faculté de Montpellier, pour la partie de la botanique.

Il lui fut adjoint un jardinier du Jardin du Roi, pour cultiver et conserver les plantes et graines de différentes espèces que nous aurions la possibilité de rapporter en Europe.

En décembre 1787, il échappe à la mort aux îles Samoa, fuyant à la nage et nageant d’un bras, l’autre tenant un sac de plantes.

 MM. Guillaume Prévost dit « Prévost oncle»  et Jean-Louis Robert Prévost, dit « Prévost le Jeune» furent chargés de peindre tout ce qui concerne l’histoire naturelle.

Guillaume Prévost se fait remarquer pendant le voyage par son mauvais caractère que Lapérouse signale le 3 janvier 1787 dans un courrier adressé au ministre de la Marine. Il refuse de descendre à terre pour peindre à Manille en septembre 1787.

Jean-Louis Robert Prévost se fait remarquer pendant le voyage par son zèle à dessiner, à bord comme à terre, oiseaux et coquilles, « plein d’ardeur et de bonne volonté.

M. Jean-Nicolas Dufresne, grand naturaliste, et très habile dans l’art de classer les différentes productions de la nature, nous fut donné par monsieur le procureur général.

M. Dufresne est un scientifique participe dans le but d’effectuer une exploration de l’océan Pacifique, voire d’effectuer une circumnavigation du globe. Il Dufresne débarque à Macao le 1er février 1787, pour rapporter en France le journal des mémoires de la première partie de l’expédition, évitant ainsi de connaître la fin tragique de l’expédition.

M. Jean-Baptiste Barthélemy de Lesseps, vice-consul embarqué en qualité d’interprète du roi.

Doué bien au-dessus de la moyenne, à 12 ans il parlait couramment le russe, l’allemand, l’espagnol et, bien sûr, le français.

Ayant mis en ordre ses documents (journaux, cartes et notes), le 7 octobre 1787 La Pérouse les remit à Barthélemy de Lesseps pour les porter à Versailles, à 16 000 kilomètres de là. Bloqué par le mauvais temps de l’hiver dans la péninsule du Kamtchatka, Barthélemy dut attendre le printemps de l’année suivante pour traverser la Russie. Une fois arrivé à Irkoutsk, il mit quarante jours pour rejoindre Saint-Pétersbourg. Il publia le récit de son voyage, où il fut amené à voyager par traîneau tiré par des chiens ou des rennes, en barque ou en tibitk. Son voyage dura treize mois : il arrive à Versailles le 17 octobre 1788.

Enfin M. Gaspard Duché de Vancy reçut l’ordre de s’embarquer pour peindre les costumes, les paysages, et généralement tout ce qu’il est souvent impossible de décrire.

Il exposa au Salon des jeunes artistes de Paris en 1781, ainsi qu’à la Royal Academy de Londres en 1784. Il fit le portrait de Stanislas Leszczynski, du secrétaire du Royaume de Naples (1784) et celui de la reine de France Marie-Antoinette.

Jean-Baptiste Barthélemy de Lesseps
Robert de Lamanon
Joseph Lepaute Dagelet

Aides précieuses des compagnies savantes

Les compagnies savantes du royaume s’empressèrent de donner, dans cette occasion, des témoignages de leur zèle et de leur amour pour les progrès des sciences et des arts.

L’Académie des Sciences, la Société de Médecine, adressèrent chacune un mémoire au maréchal de Castries, sur les opérations les plus importantes qu’il y aurait à faire pendant cette campagne.

M. l’abbé Tessier, de l’Académie des Sciences, proposa un moyen pour préserver l’eau douce de la corruption.

M. Dufourni, ingénieur-architecte, fit part aussi de ses observations sur les arbres et le nivellement des eaux de la mer.

M. Le Dru nous proposa, dans un mémoire, de faire plusieurs observations sur l’aimant, par différentes latitudes et longitudes; il y joignit une boussole d’inclinaison de sa composition, qu’il demanda de comparer avec le résultat que donnaient les deux boussoles d’inclinaison qui furent prêtées par le commissaire du bureau des longitudes de Londres.

Lapérouse témoigna sa reconnaissance au chevalier Banks, qui, ayant appris que M. Monneron ne trouvait point à Londres de boussole d’inclinaison, voulut bien lui faire prêter celles qui avaient servi au célèbre capitaine Cook. Lapérouse reçut ces instruments avec un sentiment religieux pour la mémoire de ce grand homme.

La boussole d’inclinaison (anglais : « dip circle ») est un instrument utilisé pour mesurer l’angle entre l’horizon et le champ magnétique terrestre. Il a été utilisé en navigation, en exploitation minière et en prospection, ainsi que pour l’étude du magnétisme.

Boussole d’inclinaison utilisée par Antoine Bruny d’Entrecasteaux pendant ses recherches de l’expédition de La Pérouse
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