A propos de Lapérouse

Le marin

Jean-François de Galaup voit le jour à Albi le 23 août 1741. Elevé bien loin de la mer dans les terres intérieures du Tarn, ce sont des relations familiales du milieu maritime qui l’inciteront à partir au large. Prenant le nom de Lapérouse, il est engagé à 15 ans dans les Gardes de la Marine à Brest et ne tarde pas à faire l’expérience du feu durant la guerre de 7 ans. Malgré son jeune âge, il y participe aux combats, dont la bataille des Cardinaux de 1759 où, blessé, il est temporairement fait prisonnier.

Pendant la période de paix qui va suivre, Lapérouse va essentiellement naviguer le long des côtes françaises. Puis en 1773 il navigue dans l’Océan Indien vers l’Île de France, aujourd’hui Île Maurice. C’est là, qu’entre plusieurs missions et quelques combats pour protéger les comptoirs français notamment en Inde, il rencontre sa future épouse Eléonore Broudou, fille d’un négociant d’origine nantaise posté à l’Île de France. Il l’épousera finalement en 1783. Ils n’auront pas de descendance.

Après un bref retour en France, il est affecté en 1779 à l’escadre française des Antilles en lutte contre les Anglais. Il va rapidement prendre part aux combats où la France se met aux côtés des insurgés d’Amérique. Il se distingue ensuite lors d’une mission risquée dont il est chargé en 1782 : l’attaque et la destruction des forts où les Anglais détiennent le commerce des fourrures en baie d’Hudson, un territoire du grand Nord alors quasi inconnu.

Le succès de cette opération, sa grande expérience maritime et l’humanisme sans faille dont il a en toute circonstance fait preuve au fil de ses missions, vont amener Louis XVI à le choisir pour mener un projet d’envergure, à visée cette fois pacifique : scientifique, commerciale et humaniste. Conçue dans la droite ligne des idées philosophique du Siècle des Lumières, l’expédition voulue par le Roi se destine à poursuivre l’exploration du monde, pour contribuer au progrès de la connaissance.

Au cours de trois années de navigation autour du monde, et malgré sa tragique disparition finale à Vanikoro au printemps 1788, sans aucun survivant connu, cette expédition nous a laissé de précieux éléments d’information, grâce à l’envoi régulier des courriers destinés au Roi lors des escales, notamment à Macao, Manille et Botany Bay. Un important envoi de documents sera organisé à partir de Petropavlovsk : Barthélémy de Lesseps, initialement embarqué comme interprètes de russe, accomplira à lui seul une expédition exceptionnelle qui prendra tout une année au travers de la Sibérie, de la Russie et de l’Europe, pour ramener les documents jusqu’à Versailles.

L’explorateur et l’humaniste

En dépit du naufrage final, le nom et le souvenir de Lapérouse restent très vivaces dans les pays qu’il a visités, où son rôle pacifique et respectueux est toujours honoré. Témoins nombre monuments commémoratifs érigés pour lui dans le monde entier. Quant aux emplacements géographiques qu’il a nommés, beaucoup ont conservé sur les cartes la dénomination originale attribuée par l’expédition.

Ce n’est qu’en 1826 que des vestiges de l’expédition seront retrouvés sur une île du Pacifique Sud : Vanikoro. En 1828, Dumont d’Urville y retrouvera la première des deux épaves. La deuxième ne sera découverte qu’en 1962 grâce à l’association Salomon créée par Alain Conan à Nouméa.

Celui-ci organisera à partir de 1981, et finalement avec le concours de la Marine Nationale, plusieurs campagnes de recherche qui permettront l’identification définitive des deux vaisseaux. En 2003, enfin, un squelette entier est découvert dans les débris de La Boussole. Cet « inconnu de Vanikoro », qui n’est toujours pas identifié avec certitude à ce jour, repose depuis juin 2011 dans l’enceinte militaire du château de Brest, ce port d’où étaient parties les frégates de Lapérouse en 1785. Inhumé sous une dalle funéraire taillée en pierre locale, qui dessine une vaste rose des vents en hommage à tous les marins des explorations scientifiques, le marin inconnu prend désormais valeur universelle, en écho aux généreux principes humanistes de l’expédition.

Le mystère de l’expédition Lapérouse continue à se dévoiler petit à petit !

Pour aller plus loin…

Sur le site :

Une série d”articles intitulée “Le saviez-vous” raconte la vie de Lapérouse et de l’expédition.

Une série d’article se focalise plus particulièrement sur la vie des “Compagnons de Lapérouse”.

Sur la toile :

Plusieurs sites Internet, très complets, sont à la disposition des lecteurs désireux d’en savoir davantage sur Lapérouse. Parmi eux, on peut citer :

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