La production de la farine à bord à la fin du XVIllème siècle

La nourriture occidentale repose traditionnellement sur la consommation prioritaire des céréales, et en particulier des différentes sortes de blés, l’un d’eux étant le blé noir ou sarrasin, apprécié des équipages bretons, qui aurait des propriétés antiscorbutiques.

Blé noir ou sarrasin

A terre, s’agissant d’un produit indispensable, le contrôle des céréales comme celui du sel, relève à la fois d’un privilège (payant) du Roi, et de l’intermédiaire des propriétaires et exploitants des moulins à grains, points de passage obligés entre les producteurs, qui fournissent le grain, et les utilisateurs de farine.
La farine est hygroscopique et attire les insectes parasites, une longue conservation des céréales à bord, avant que l’on ait inventé les emballages sous vide, peut être préférable sous forme de grains, plutôt que de farine en baril, denrée que l’on voit couramment figurer dans les inventaires d’approvisionnement de cette époque.
Il y a dans ce cas nécessité de moudre le grain chaque jour. Pour un navire de 100 personnes la quantité à transformer est de l’ordre d’un sac de grain de 50 Kg par jour, dont la mouture est une corvée non négligeable.

La meule à main.

Des quantités petites ou moyennes de blé peuvent se traiter à la main par écrasement entre deux petites meules en pierre d’environ 60 cms de diamètre et 10 / 15 cm d’épaisseur, pesant chacune quelques dizaines de kilos (selon la densité de la pierre).
Le dispositif comprend :

  • une meule gisante (fixe) avec une surface de frottement striée et légèrement convexe, pour favoriser l’écoulement de la farine du centre où elle est introduite vers l’extérieur. Celle-ci est fixée au socle du réceptacle à farine. Percée à son centre d’un petit trou il permet le passage de l’axe de rotation étanché par un “boitard” en bois empêchant la farine de s’écouler autour de cet axe.

  • une meule courante ou tournante, cerclée d’acier, dont la surface de frottement est légèrement convexe. Elle comporte à la périphérie supérieure le logement d’une poignée pour commander directement sa rotation.
    Mais l’entraînement de la meule tournante est en général lié à l’indispensable axe de centrage commun aux deux meules, la rotation de la meule supérieure étant alors commandée par “l’annille”, pièce de liaison en fer fixée sur cet axe, qui se loge dans deux encoches creusées dans la pierre sur la face inférieure de la meule tournante.
  • L’axe de la meule tournante doit non seulement permettre le passage de l’axe, mais aussi l’introduction du grain, provenant d’une trémie, introduit par un “auget de distribution” dans l’ “oeillard”, pièce circulaire en fer tapissant le grand évidement de la meule tournante. L’auget subit des tressautements liés à la rotation des meules pour bien repartir le grain dans l’oeillard.

Dans le prochain article , vous trouverez la description du moulin à vent embarqué dans le navire de De Langle.

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